Tu passes possiblement beaucoup de temps en entraînement… sans progrès réel. Si tu t’entraînes depuis des mois (voire des années) et que tu stagnes, que tu changes de programme toutes les deux semaines ou que tu t’attardes à des activités inutiles comme des séries infinies de crunchs ou de machines d’isolation, tu souffres peut-être de ce que Martin Berkhan appelle la fuckarounditis

Qu’est-ce que la fuckarounditis ?

La fuckarounditis est une sorte de maladie comportementale dans le monde de l’entraînement : un manque de progression malgré des heures passées, souvent parce qu’on est distrait par tout ce qui est bruit et fioritures plutôt que par l’essentiel. 

Berkhan décrit ce phénomène comme :

  • une obsession pour les mouvements inutiles (crunchs, câbles, accessoires),
  • une peur des mouvements fondamentaux (comme les squats ou deadlifts),
  • et une tendance à appliquer de l’effort… mais au mauvais endroit

Selon lui, dans beaucoup de gyms commerciaux, 90-100 % des personnes souffrent d’une forme de fuckarounditis

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Illusion de complexité

Internet regorge d’informations contradictoires. Les articles, les méthodes miracles, les programmes à la mode et les conseils non scientifiques créent une illusion de complexité qui empêche de se concentrer sur ce qui fonctionne réellement. 

Le résultat ?
On passe plus de temps à lire, comparer, douter, expérimenter…
…qu’à s’entraîner efficacement.

Il n’y a pas besoin de solutions miracles. Les principes essentiels du progrès sont simples et inchangés depuis des décennies

La force avant tout

Pour évaluer si tu progresses, Berkhan recommande d’utiliser des repères de force plutôt que des chiffres esthétiques flous. 

Objectifs de force raisonnables

Pour un homme qui s’entraîne de façon constante et cohérente :

Après environ 2 ans :

  • Bench press : ≈ 1,2 × poids du corps
  • Chin-ups : 8 reps ou ≈ 1,2 × poids du corps
  • Squat : ≈ 1,6 × poids du corps
  • Deadlift : ≈ 2 × poids du corps 

Si tu ne t’approches pas de ces repères malgré des années d’entraînement, quelque chose cloche dans ton approche

Es-tu atteint de fuckarounditis ?

Voici quelques symptômes fréquents :

  1. Tu ne suis pas tes charges ni tes progrès: tu “penses” plutôt que tu sais combien tu peux soulever. 
  2. Tu changes de programme trop souvent: la variation constante empêche toute progression sérieuse. 
  3. Tu fais trop de mouvements accessoires inutiles: perdre du temps sur les machines n’apporte pas de résultats significatifs. 
  4. Tu es obsédé par les abdos et les détails esthétiques mais tu ignores les mouvements fondamentaux. 
  5. Tu veux ressembler à une célébrité ou imiter une photo Instagram sans plan réel. 

Ce ne sont que quelques exemples, mais si tu te reconnais dans plusieurs d’entre eux… tu n’es pas seul

Ton plan d’action pour en finir avec la fuckarounditis

Voici les étapes essentielles :

1. Retiens les mouvements simples

Priorise les mouvements fondamentaux, ceux qui donnent le plus de résultats :

  • Squats
  • Deadlifts
  • Bench press
  • Chin-ups / Pull-ups

2. Note tes progrès

Un journal d’entraînement te force à être objectif. Sais-tu combien tu as levé la dernière fois ? Augmente-tu la charge progressivement ? 

3. Sois méthodique

Ne change pas tout à chaque semaine. Si tu veux progresser, répète les mêmes mouvements avec de petites améliorations constantes. 

4. Limite le superflu

Arrête de courir après les accessoires, les gadgets et les conseils à la mode. Fais plus avec moins et concentre-toi sur l’effort réel. 

5. Rappelle-toi : l’effort compte

Si tu ne ressens pas d’effort, tu n’optimises probablement pas ta séance. Un vrai set difficile vaut mieux qu’une heure de demi-efforts. 

Deviens plus fort, pas plus confus

La fuckarounditis n’est ni un virus ni une excuse : c’est une prise de conscience. Trop de bruit, trop de distractions, trop de programmes inutiles. Pour progresser, il faut simplifier, être cohérent et mesurer ton progrès de manière objective.

Arrête de “fuckaround”…
et commence à faire du vrai entraînement.