« It’s not about being perfect, it’s about showing up. »
Ce n’est pas une question de perfection. C’est une question de présence.
Cette phrase m’est restée dans la tête depuis la première fois que je l’ai lu, dans une publicité. Simple. Juste. Elle pourrait presque résumer à elle seule l’essence de ce que représente le triathlon pour tant de gens, moi y compris.
Parce que soyons honnêtes : à part quelques professionnels au départ d’une Coupe du Monde ou d’un Ironman Pro, qui peut vraiment dire qu’il vise la perfection dans ce sport? Pour la plupart d’entre nous, le triathlon n’est pas un métier, c’est une passion. Une activité qu’on pratique avec nos forces, nos limites, notre horaire chargé et notre quotidien bien rempli. Pourtant, on s’y investit comme si c’était notre mission de vie.
Et c’est là que cette citation prend tout son sens.
Le piège de la perfection
Quand on commence le triathlon, ou même quand on y revient après une pause, il y a cette pression — souvent silencieuse, parfois intérieure — de devoir « bien faire ». De suivre un plan à la lettre. D’avoir le meilleur équipement. De performer pour nos followers.
Le triathlon n’est pas un sport qui récompense la perfection. Il récompense la constance. Il récompense les petits pas répétés jour après jours. Il récompense le courage de se pointer même quand le mental n’est pas là, quand il pleut, quand on n’a dormi que 4 heures ou quand les jambes sont lourdes.
Il y a quelque chose de profondément courageux dans le fait de juste se présenter.
Être là… quand c’est facile, mais surtout quand ça ne l’est pas
C’est facile de s’entraîner quand on est motivé, quand il fait beau, quand on a du temps. Mais la réalité de la majorité des triathlètes de groupe d’âge, est tout sauf ça.
On s’entraîne souvent tôt le matin, avant d’aller travailler. Ou tard le soir, quand les enfants sont couchés. On jongle avec des semaines chargées, des blessures, des changements de plan. On fait des compromis. On se pose des questions. Et malgré tout, on y retourne.
Et c’est ça qui mérite d’être célébré.
Une histoire parmi tant d’autres
Je pense à un membre de notre club, appelons-le Jean. Jean n’est pas le plus rapide, ni le plus technique. Mais il est là. Toujours. À l’eau froide du matin. Sur le home trainer quand il neige. À courir sous la pluie. Et, année après année, il progresse. Tranquillement. Avec humilité. Avec ténacité.
Il n’a jamais gagné sa catégorie. Mais il a gagné autre chose : le respect de ses pairs. Et surtout, une confiance nouvelle en lui-même. Parce que chaque fois qu’il choisit de se présenter, il devient un peu plus fort.
La discipline du quotidien vaut plus que la performance exceptionnelle
Il y a une forme de romantisme dans l’idée d’un « grand jour », d’une performance éclatante. Mais ce sont les jours ordinaires qui nous façonnent. Ceux où on fait l’effort, même minimal. Ceux où on avance, même d’un millimètre.
Si tu es en train de lire ceci, que tu sois en pleine préparation ou en train de reprendre après une pause, souviens-toi de ceci :
👉 Tu n’as pas besoin d’être parfait.
👉 Tu n’as pas besoin d’être prêt.
👉 Tu as juste besoin de choisir d’être là.
Et si c’était ça, le vrai triomphe?
Pas le chrono. Pas la médaille. Mais la capacité à persévérer, à continuer, à t’honorer, même quand rien ne l’exige sauf ta propre volonté.
Le triathlon nous apprend ça. À nous relever. À recommencer. À apprendre. À nous surprendre.
Plus on se présente, plus on devient la version de nous-mêmes qu’on admire secrètement. Pas parfaite certe, mais résiliente. Curieuse. Vivante.
Présente-toi
Alors la prochaine fois que tu te poses la question « Pourquoi je fais ça? », ou que tu as envie de remettre ton réveil à plus tard, pense à cette phrase :
« It’s not about being perfect, it’s about showing up. »
Et si tu te présentes, encore une fois, t’as déjà gagné.
