Tu as déjà ressenti cette sensation de brûlure dans les jambes en montant une côte abrupte ? Ou au contraire, cette sensation de pouvoir continuer toutes la journée lors d’une longue sortie tranquille ? Ces différences, c’est ton corps qui te les explique ! Il utilise différentes sources d’énergie pour te faire bouger, et c’est ce qu’on appelle les systèmes énergétiques.
Les systèmes énergétiques, c’est un peu comme les différents types d’essence pour ton corps. Ils déterminent comment ton corps produit cette énergie ATP (Adénosine TriPhosphate) à partir des aliments que tu consommes. L’ATP est la molécule qui fournit l’énergie nécessaire à la contraction musculaire.
Dans cet article, nous allons explorer les trois principaux systèmes énergétiques qui alimentent nos muscles pendant l’effort physique. Tu découvriras comment ces systèmes interagissent pour te permettre de courir un marathon, de soulever des poids ou encore de faire une séance de natation intense. Prépare-toi à plonger dans les coulisses de ton corps et à comprendre comment il produit l’énergie dont tu as besoin pour performer.

Le système anaérobie alactique
en rose dans le graphique ci-haut
Il fournit de l’énergie rapidement sans nécessiter d’oxygène ni produire d’acide lactique. Il fonctionne principalement à partir de la phosphocréatine stockée dans les muscles et dure généralement moins de 10 secondes. Bien que ce système soit surtout utilisé pour des efforts explosifs comme les sprints ou les départs en natation, il joue un rôle clé dans le triathlon lors des transitions ou des accélérations stratégiques. Pour l’optimiser, intégrez des séances courtes et intenses comme des sprints en côte ou des départs explosifs en natation, suivis de récupérations complètes. Complétez avec une bonne alimentation riche en protéines et en créatine naturelle (poissons, viandes) pour soutenir vos réserves musculaires.
Le système anaérobie lactique
en orange dans le graphique ci-haut
Le système anaérobie lactique produit de l’énergie pour des efforts intenses de 30 secondes à 2 minutes en utilisant le glucose comme carburant, sans nécessiter d’oxygène. Cependant, ce processus génère de l’acide lactique, dont l’accumulation peut provoquer une sensation de brûlure musculaire et limiter la performance.
La notion de seuil anaérobie (Vitesse Maximale Aérobie, VMA) désigne l’intensité maximale à laquelle un athlète peut maintenir un effort tout en équilibrant la production et l’élimination de l’acide lactique. Ce seuil est crucial en triathlon car il détermine la capacité à maintenir un rythme soutenu lors des segments vélo et course. Pour améliorer ce système, intégrez des intervalles à intensité élevée (zone 4-5) proches de votre seuil, comme des efforts de 3 à 5 minutes suivis de récupérations égales ou légèrement plus longues. Pensez aussi à développer votre endurance aérobique pour retarder l’apparition de ce seuil et à surveiller votre alimentation en glucides pour optimiser vos réserves énergétiques.
Le système aérobie
en bleu dans le graphique ci-haut
Le système aérobie est le principal fournisseur d’énergie pour les efforts de longue durée. Il utilise l’oxygène pour décomposer les glucides et les graisses en énergie, offrant une source stable mais moins rapide que les systèmes anaérobies. Ce système est essentiel en triathlon, car il soutient l’endurance nécessaire pour maintenir un effort prolongé sur plusieurs heures.
Seuil aérobie (LT1)
La notion de LT1 (seuil aérobie) correspond à l’intensité où l’acide lactique commence à s’accumuler légèrement mais reste stable.
- Il se situe souvent à 60-75 % de la fréquence cardiaque maximale.
- L’effort est confortable, avec une respiration stable, souvent décrite comme un rythme « facile ».
- Le métabolisme utilise principalement les graisses comme source d’énergie.
Seuil anaérobie (LT2)
LT2 (second seuil lactique) marque l’intensité où cette accumulation devient rapide, limitant la durabilité de l’effort. LT1 est associé à l’endurance fondamentale, tandis que LT2 est proche du seuil anaérobie.
- Il se situe généralement autour de 80-90 % de la fréquence cardiaque maximale.
- La respiration est nettement plus rapide, mais encore contrôlable.
- Le métabolisme s’appuie principalement sur les glucides comme source d’énergie.
- Cet effort peut être maintenu entre 20 et 60 minutes chez les athlètes bien entraînés.

Pour maximiser l’efficacité de votre système aérobie, privilégiez les séances à basse intensité (zone 2) pour développer une base solide et améliorer votre capacité à utiliser les graisses comme carburant. Intégrez également des séances spécifiques au seuil (zone 4) pour repousser LT2. Une fréquence cardiaque constante, la respiration aisée, et un confort relatif sont de bons indicateurs d’un entraînement autour de LT1. Combinez ces approches pour une progression équilibrée et durable.
Le système aérobie et la production d’ATP
Production d’ATP dans le système aérobie
L’ATP est produit via trois étapes principales :
- Glycolyse aérobie :
- Les glucides (glycogène musculaire ou glucose sanguin) sont décomposés en pyruvate.
- Ce processus génère une petite quantité d’ATP et des molécules de NADH et FADH₂, qui alimentent les étapes suivantes.
- Cycle de Krebs (ou cycle de l’acide citrique) :
- Le pyruvate issu de la glycolyse est converti en acétyl-CoA, qui entre dans le cycle de Krebs.
- Ce cycle se déroule dans les mitochondries et produit encore plus de NADH et FADH₂, ainsi que du dioxyde de carbone comme sous-produit.
- Chaîne de transport des électrons :
- Les NADH et FADH₂ fournissent des électrons à cette chaîne, qui se trouve dans la membrane interne des mitochondries.
- L’énergie libérée par le transfert des électrons est utilisée pour produire de grandes quantités d’ATP (environ 34 molécules d’ATP pour une molécule de glucose).
- L’oxygène est essentiel ici, car il agit comme l’accepteur final des électrons, formant de l’eau comme sous-produit.

Lien avec les nutriments énergétiques
- Glucides :
- Source d’énergie rapide et principale pour les efforts d’intensité modérée à élevée.
- Chaque gramme de glucide fournit environ 4 kcal et peut être stocké sous forme de glycogène dans les muscles et le foie.
- Pendant des efforts proches de LT2, le corps dépend fortement des glucides.
- Lipides (graisses) :
- Source d’énergie majeure pour les efforts de faible intensité (zone 2).
- Chaque gramme de lipide fournit environ 9 kcal, et les réserves corporelles de graisse sont presque illimitées, même chez les athlètes maigres.
- La mobilisation des graisses pour produire de l’énergie est plus lente, nécessitant une intensité plus basse pour être efficace.
- Protéines :
- Utilisées en dernier recours (environ 5-10 % de l’énergie totale) lors d’efforts très prolongés ou en cas de déficit calorique important.
- Chaque gramme de protéine fournit 4 kcal, mais leur contribution énergétique est limitée pour préserver les muscles.
Les systèmes énergétiques et le triathlon
Synthèse des systèmes énergétiques
- Système anaérobie alactique (phosphagène) :
- Fournit une énergie immédiate et explosive à partir de la phosphocréatine, sans utiliser d’oxygène.
- Durée : 0-10 secondes.
- Activités : Sprints, départs rapides, transitions courtes en triathlon.
- Système anaérobie lactique :
- Produit de l’ATP rapidement en décomposant le glucose, mais génère de l’acide lactique.
- Durée : 30 secondes à 2 minutes.
- Activités : Accélérations prolongées, montées en puissance, efforts intenses sur courte distance.
- Système aérobie :
- Utilise l’oxygène pour décomposer les glucides et les graisses, fournissant une énergie stable pour les efforts prolongés.
- Durée : Illimitée (tant que l’athlète a des réserves énergétiques).
- Activités : Segments principaux en triathlon (natation, vélo, course).
Les systèmes énergétiques au service de la performance
Comprendre les systèmes énergétiques – anaérobie alactique, anaérobie lactique et aérobie – est essentiel pour optimiser vos performances en triathlon. Chaque système joue un rôle unique dans la production d’énergie, qu’il s’agisse d’efforts explosifs, d’intensités élevées ou de maintien d’un rythme soutenu sur de longues distances. Grâce à une planification d’entraînement bien structurée, il est possible d’améliorer l’efficacité de chaque système tout en développant une endurance durable, une puissance stratégique et une récupération efficace.
Les concepts clés abordés incluent :
- L’importance de la spécificité dans l’entraînement pour solliciter chaque système énergétique de manière adaptée.
- LT1 (seuil aérobie) et LT2 (seuil anaérobie) comme marqueurs essentiels pour calibrer l’intensité des séances.
- Le rôle de la nutrition pour soutenir la production d’ATP et maximiser vos réserves énergétiques.
Personnalisez votre progression
Chaque athlète est unique : ses capacités, ses objectifs et ses contraintes diffèrent. Prenez le temps de mesurer vos seuils, d’évaluer vos performances, et d’adapter vos séances à vos besoins. Approfondir vos connaissances sur ces sujets vous permettra d’optimiser vos résultats tout en réduisant le risque de blessure ou de surentraînement.
