Ça m’a pris 5 ans. Cinq longues années à sortir m’entraîner à la course de reculons en maugréant. Rien à faire, je me répétais que je n’étais pas un coureur, que c’était simplement génétique, juste pas fait pour ça. C’est tout!

De l’autre côté, je continuais à m’inscrire de temps en temps à des courses: un demi-marathon à Montréal parce que c’est chez moi, un autre à Ottawa parce que tous les coureurs disent qu’il est magnifique, un 5 km à la Classique du parc Lafontaine parce qu’il faut bien se tester de temps en temps. Tiens, un 10 km au coeur de l’hiver à l’île Bizard, pourquoi pas, je ne connais pas ce coin-là. De fil en aiguille, je devenais un coureur sans jamais l’accepter. Je disais à tout le monde que j’en étais pas un. Bof, n’importe qui peut courir.

Après environ 5 ans de course soit autours de 2014, ça devenait plus facile de sortir, j’appréciais l’effort. J’étais devenu capable de courir, à 5 secondes près, au rythme souhaité sans regarder ma montre: 4:35 min/km, CHECK, 4:15 min/km, CHECK. Lorsque ça faisait plus de 2 jours que n’avais pas couru, je ressentais l’appel de la course: Allez, viens-donc courir!

Prenez soin de votre corps, c’est le seul endroit où vous êtes obligé de vivre.

Je pense même avoir développé un côté masochiste. J’aime ça courir dans les pires conditions. Je souris quand je cours pendant une grosse averse froide et que je ne croise personne sur mon parcours. Moi, je suis sorti, pas toi; je suis plus fort! Le travail mental est sous-estimé dans les sports d’endurance. Peu de sportifs ont ça écrit dans leur programme: quand tu te sens vraiment comme de la merde, continue de courir. En réalité, il faudrait commencer à courir, puis juste au moment où ça ne va plus, où on a le goût d’arrêter pour n’importe quelle bonne ou mauvaise raison, seulement à partir de cet instant, on démarre le chrono de notre montre, pas avant. Parce que c’est à partir de ce moment que le vrai entraînement commence, que notre force mentale se construit. Avant, c’est un hors-d’oeuvre; c’est bien, mais tout le monde fait ça. Pour atteindre un autre niveau, il faut persister quand les autres s’arrêtent. Quand tu es capable de le faire une ou deux fois par mois, tes limites seront repoussées et tu atteindras un pallier que tu ne croyais pas possible. Puis tu recommences…

Bon, tout le monde n’a pas ce besoin de repousser ses limites. Moi-même quand j’ai commencé de courir, je voulais simplement terminer un demi-marathon. Mon objectif secondaire était de le faire sous la barre des 2 heures. Avec le temps, on se laisse prendre au jeu: plus loin, plus longtemps, plus vite.

Si tu veux courir, cours 1 km. Si tu veux changer ta vie, cours un marathon.

Emil Zatopek

Le but de ce billet est simplement de mentionner que ça m’a pris énormément de temps pour être capable d’affirmer que je suis un coureur sans me sentir comme un imposteur. Nous vivons dans une ère d’instantanéité où les résultats doivent être maintenant, tout de suite. Pendant très longtemps, je n’aimais pas la course. Si c’est votre cas et que vous aimeriez aimer la course, persistez. C’est juste ça que j’ai à vous dire! Je suis en train de le vivre avec la natation. Peut-être que dans 3 ans, j’écrirai: « La natation, une petite bête à apprivoiser ». Pour l’instant, je n’aime pas particulièrement nager.

Eh les nageurs, qu’avez-vous à me donner comme conseil?