Ce que Dobes fait avec son cerveau devrait t’inspirer


Tu regardes les séries. Tu vois Jakub Dobes arrêter 32 tirs de suite après avoir accordé 3 buts sur les 4 premiers. Tu te dis que ce gars-là a des nerfs d’acier.

Tu as à moitié raison.

Il a des nerfs d’acier. Mais ce n’est pas inné. C’est travaillé. Chaque semaine.

Pete Fry est préparateur mental. Il travaille exclusivement avec des gardiens. Dobes est l’un de ses clients depuis 2023, sur recommandation de Marco Marciano, alors entraîneur des gardiens au Rocket de Laval.

Ce que Fry fait avec Dobes ressemble à de la programmation. Il utilise lui-même le mot « hypnose ». Il veut atteindre le subconscient.

Un morceau de métal magnétisé peut soulever 12 fois son poids. Démagnétisé, il ne peut pas lever une feuille de papier.

L’image que tu te fais de toi dans ta tête, tu vas naturellement tenter de la reproduire.

C’est aussi simple et aussi complexe que ça.

Athlète en visualisation mentale avant la compétition
La préparation mentale commence bien avant le départ.

Le truc qui m’a le plus frappé

Fry parle de renverser la trame narrative.

Quand son équipe est punie, Dobes ne subit pas. Il voit une occasion de briller. Quand son équipe contrôle la rondelle en zone défensive, il ne prie pas pour qu’elle sorte. Il espère un revirement. Comme ça, si ça arrive, il a un coup d’avance mentalement.

C’est pas juste du positif pensez-y bien. C’est de la gestion d’attention. Tu choisis où tu mets ton énergie mentale pendant l’action.

En triathlon, tu connais cette situation. Tu es à 20 km de l’arrivée sur le vélo. Ta chaîne débarque. Ton cerveau peut partir en mode panique ou en mode résolution de problème. Ce n’est pas le talent qui fait la différence à ce moment-là. C’est l’entraînement mental que tu as ou que tu n’as pas.

Triathlète en plein effort mental et physique en course
Sur la ligne de course, c’est autant le cerveau que les jambes qui travaillent.

La routine comme ancre

Dobes refuse de souper avec ses coéquipiers la veille d’un match sur la route. Pas par caprice. Par nécessité. Sa préparation mentale commence 24 heures avant le match. Il protège son énergie.

Fry explique que les routines donnent de la certitude à une position pleine d’incertitude. Un autre de ses gardiens regarde les mêmes dix films en rotation avant chaque match. Il les connaît par coeur. Peu importe ce qui arrive autour, il a ce repère.

Tes routines d’avant-course, tes rituels du matin d’une compétition, c’est exactement ça. Ce n’est pas de la superstition. C’est de la régulation du système nerveux.

Athlète en préparation matinale avant une compétition d'endurance
Une routine stable, c’est un cerveau qui part avec de l’avance.

Ce que tu peux faire avec ça

Tu peux commencer par deux choses concrètes.

D’abord, identifie ta trame narrative négative. Qu’est-ce que tu te dis quand tu sors de l’eau derrière le groupe? Quand t’as un flat à 10 km de la transition? Quand tu vois tes temps de course et qu’ils ne correspondent pas au plan?

Ensuite, prépare la réponse d’avance. Pas sur le moment. Avant. En entraînement. Pendant une sortie difficile. Tu te demandes : si ça déraille, qu’est-ce que je veux me dire?

Dobes sait déjà ce qu’il va se dire avant la mise en jeu suivante après un but accordé : je suis un mur, je suis puissant.

Toi, tu sais quoi te dire à la sortie de l’eau si tu as eu une mauvaise nage?

Si tu n’as pas la réponse, c’est là que commence ton travail mental.


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